LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


70 LA NATURE.

l'alimentation de leurs fortes machines 11 vapeur.
L'injecteur n'a pas été une trouvaille heureuse, le résultat d'une expérience hasardée, l'éclair d'une inspiration de génie; Giffard a calculé, comme a fait Newton sur la chute de la pomme, d'après les expériences faites par lui en 1850 et depuis cette date; c'est nous qui bénéficions aujourd'hui du fruit des persévérants et consciencieux efforts de ce mort immortel, dont la vie aura été bien utilisée pour' l'humanité.
ÉMILE BARRAULT,

Ingénieur Conseil

PERTURBATIONS MAGNÉTIQUES
ET TREMBLEMENTS DE TERRE EN CHINE


Une grave perturbation magnétique a été enregistrée 11 Zi-ka-wei le 17 avril. Elle débuta brusquement à 7 h. 56 m. du matin (temps moyen de Zi-ka-wsi, longitude 8 h. 5 m. 50 s. de Gr.) par une augmentation de la composante horizontale de l'intensité et une diminution de la déclinaison. Vers 8 h. Lm mouvement inverse commença pour se continuer avec de larges ondulations mêlées de saccades brusques et nombreuses jusqu'à 2 h. 22 m. de l'après-midi, moment où la déclinaison atteignit son maximum. Entre le minimum, qui fut enregistré quelques minutes après le début de la perturbation, et ce maximum de 2 h, 22 m. la déclinaison a varié de 21',1, valeur considérable à Zi-ka-wei. La composante horizontale eut son minimum d'intensité (apparent 11 cause de la variation de température) d'abord à.4 h. 20 m. du soir, puis encore 11 7 h. 20 m. du soir. .
Pendant tout ce temps l'aimant de la composante verticale oscilla constamment mais dans de très petites limites; il n'y eut que deux ondulations qui se dessinèrent assez nettement, l'une entre 8 h. '/4 et. 8 h. '/2 du soir, l'autre
1111 h. 50. .
Le 20 avril, nouvelle perturbation aussi intéressante commençant avec une soudaineté et une violence extraordinaires à 11 h. 40 m. du matin par une énorme diminution de la composante horizontale, suivie de sauts ou d'ondulations amples et assez rapides. Inutile de dire que la déclinaison a varié proportionnellement et en sens inverse. Le maximum de déclinaison fut enregistré à 5 h. 45 m. de l'après-midi; entre le minimum normal de 9 h. et ce maximum de l'après-midi la variation a été de 15',2 seulement. La perturbation prit fin à 2 h. 20 m. du matin le 21, quoique la déclinaison continuât à être irrégulière dans la journée.
A cette double perturbation magnétique ont correspondu des troubles profonds dans toutes les lignes télégraphiques, mannes ou terrestres, de l'extrême Orient, de Singapore et Manille jusqu'à Tientsin. Les moments où les courants perturbateurs furent observés furent" surtout, le 17, entre 10 h. et midi (Nagasaki-Shanghai, Shanghai-Hongkong), à midi 50 m. (Hongkong-Amoy-Shanghai). Tout cela indique pour l'Europe de belles aurores boréales. lei rien.
Plusieurs secousses de tremblement de terre ont été ressenties en Chine pendant l'année 1881. Voici quel. quelques circonstances qui ont accompagné l'un deux.
Le 20 juillet 1881, un peu après 9 h. du soir, une secousse assez forte ébranla la ville de Tchong-kin, capitale de la province de Szetchneu : longitude 140' E. de Paris,
immédiatement après la ville fut couverte d'une brume tellement dense qu'on ne voyait pas à 5 mètres devant soi; de plus une odeur de soufre très sensible se répandit partout. On prit tout d'abord celle brume et cette odeur pour un indice d'incendie; mais on le chercha en vain. La terreur était d'autant plus grande dans la ville que Je peuple, à cette époque même, multipliait les superstitions, et les sacrifices en l'honneur des divinités protectrices contre les incendies. Aussi le grand mandarin de Tchong-kin avait prohibé la vente et l'usage des allumettes chimiques importées par les étrangers (yang ha) et celui du pétrole (yang ieon) qui avaient naguère occasionné une terrible conflagration '.
MARC DECHEVRENS, S. J.
Observatoire de Zi-ko-wei, près Shanghai (Chine), 25 avril.

L'ÉLECTRICITÉ DOMESTIQUE 2
LES TELÉPHONES


Quoique d'invention récente, le téléphone est une des applications de l'électricité qui a reçu jusqu'ici le développement le plus considérable et à laquelle est réservé peut-être le plus grand avenir d avenir. Les réseaux téléphoniques couvrent déjà les grande~ villes, et de récentes découvertes qui permettent d'établir une communication téléphonique et une communication télégraphique simultanément par un seul et même fil vont rendre bientôt son emploi universel.
C'est dans une sphère d'action beaucoup plus modeste que nous nous proposons d'étudier ici les téléphones, en les considérant comme un utile et précieux auxiliaire des autres appareils d'électricité domestique que nous avons déjà examinés.
Nous irons, comme toujours, du simple au composé, et nous supposerons tout d'abord que les communications se font dans l'intérieur des habitations mêmes, entre les différentes pièces d'un b•u¬l'eau, d'un atelier, d'une usine, ou les différents étages d'une maison.
La première question qui se pose est le choix d'un système. Auquel donner la préférence ? A notre avis, lorsque les distances ne sont pas très grandes, au-dessous de 100 mètres, par exemple, pour fixer les idées, il est préférable d'employer les téléphones magnétiques, dont l'appareil de M. Graham Bell est le type. On y trouve à la fois simplicité, économie de 'prix d'achat et d'installation. Dans un prochain article nous étudierons les téléphones à pile, qui produisent certainement' des effets plus intenses, mais coûtent plus cher et demandent plus de soin et de surveillance. Nous supposerons donc que nous ayons fixé notre choix sur un système magnétique.
On sait que la puissance des sons transmis par ce système est très faible, il importe donc, pour établir une communication entre deux postes, d'avertir préalablement le- poste récepteur, ce qu'on fait
D'après une lettre adressée à Nature, de Londres.
Suite. Voy. Table des Matières du précédent volume.