LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


70 LA NATURE.

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Au cimetière du Père-Lachaise plusieurs discours ont prononcés .
. Hervé Maugon, membre de l'Académie des Sciences, t éloquemment l'apologie des travaux de Giffard. L'injecteur, a dit le savant académicien, est une des des découvertes mécaniques du siècle, son principe tellement singulier que des milliers d'appareils fonctionnaient avant que les mathématiciens aient pu en donner ¬une théorie suffisante. L'injecteur n'a reçu depuis t-quatre ans que des modifications insignifiantes; il est aujourd'hui d'un emploi général. Toutes les locomotives sans exception, en sont munies, et portent dans le monde entier le nom de notre cher compatriote .... Constamment absorbé par un travail d'invention et de recherches les plus difficiles, qu'aucune distraction ne fit interrompre, H. Giffard a succombé à l'excès de la vue intellectuelle. Tous les instants de sa vie, sans en compter un seul, ont été consacrés à faire le bien, à rechercher des vérités nouvelles, à enrichir de ses grandes inventions le patrimoine de l'humanité. Heureux celui qui consacrer ainsi toutes ses forces au service de la France et de l'industrie ! Heureux l'homme qui a su faire d’une belle intelligence un si noble emploi! Nous conserverons toujours le souvenir de ses travaux et de son grand
te. » '
, Ch. de Comberousse, prenant ensuite la parole, au
de la Société d'Encouragement et au nom de la Sté des Ingénieurs civils, a rappelé que Giffari n'a appartenu à aucune école, qu'il s'était formé seul, que cependant, il empruntait dans sa jeunesse les
cours de jeunes amis qu'il avait à l'Ecole Centrale et cet établissement peut en quelque sorte le réclamer
comme un de ses élèves. .
M de Comberousse a protesté contre l'oubli qu'on fit à Giffard, en 1878, pour la croix d'officier de la Légion d’honneur, malgré la demande qui en avait été faite par l’Académie des Sciences tout entière. .
Chose étrange, a dit l'éminent professeur, tantôt l'in-ml' fait brillamment fortune, et les récompenses honorifiques qu'il mérite lui sont strictement mesurées. D’autres fois, ce sont les récompenses honorifiques dont ,t surchargé, tandis que le nécessaire lui manque continuer son œuvre ...
... Adieu, Giffard! Ta croix de chevalier n'empêchera 'avenir de te saluer Commandeur de l'Industrie! »
Gaston Tissandier, président de la Société de Navigation aérienne et ami du défunt, a résumé la vie et les ux de Henri Giffard. La notice qu'on a pu lire précisemment, reproduit les paroles prononcées.
Legrand a adressé des remerciements à la mémoire ifIard au nom de la Société des Amis des sciences. eyron, vice-présidant de l'Académie d'aérostation, Il mé sa douleur et celle de ses collègues; M. Cohendet, lieur de la maisonFlaud, et M. Gal>riel Yon ont d'autre adressé quelque paroles d'adieu au grand ingénieur. mi Giffard a laissé 100000 francs aux pauvres de " 50 000 francs à l'Académie des Sciences et 10 francs à chacune des Sociétés suivantes : Société d’encouragement, Société des Ingénieurs civils, Société des Amis des sciences. Il laisse 100000 francs au per¬sonnel de la maison Flaud, des souvenirs et des rentes …res à la plupart de ses amis, de ses collaborateurs ou serviteurs, plusieurs centaines de mille francs à sa ville, et plusieurs millions de francs à l'État, émettant le voeu que ce capital considérable soit consacré à des œu¬vres scientifiques.
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LES COMPTEURS D'ÉLECTRICITE
A propos de la distribution de l'électricité, nous avons déjà fait ressortir l'importance pratique que présente, pour le producteur et le consommateur, un système de compteur d'électricité permettant de mesurer exactement l'énergie électrique consommée par un abonné et de ne lui faire payer équitablement que ce qu'il dépense 1.
Dans une distribution par pression constante, on n'a besoin que de mesurer la quantité d'électricité fournie à l'abonné pendant un temps donné, puisque la quantité d'énergie consommée lui est proportionnelle : les compteurs d'électricité fondés sur ce principe pourraient donc s'appeler, suivant la nouvelle terminologie adoptée par le Congrès international des électriciens, des coulombs-mètres ou, pour abréger, des coulomètres.
Le procédé le plus simple pour mesurer la quantité totale d'électricité qui traverse un circuit est de faire usage d'un voltamètre. On avait pensé tout d'abord à faire usage d'un voltamètre ordinaire décomposant l'eau, la mesure du volume des gaz dégagés aurait fait connaître exactement la quantité d'électricité.
En pratique, la mesure volumétrique des gaz n'est pas une opération commode, et il vaut mieux faire usage d'une petite cuve électrolytique. Les compteurs d'électricité d'Edison sont fondés sur le dépôt de cuivre effectué par le passage d'une certaine quantité d'électricité dans un voltamètre à sulfate de cuivre. Ce voltamètre n'est pas établi directement sur le circuit qui alimente l'abonné, mais il est placé en dérivation sur ce circuit, de façon à ce qu'il ne passe dans le voltamètre que la centième partie du courant. La dérivation est établie à l'entrée du conducteur chez l'abonné; la résistance du conducteur principal entre les deux points où elle est établie, et celle du circuit de voltamètre, sont réglées à l'aide de bobines convenablement étalonnées, pour que le rapport de 1/100 soit exactement maintenu.
Dans le compteur d'électricité le plus simple (fig. 1), on voit deux voltamètres distincts, formés chacun de deux lames de cuivre plongeant dans du sulfate de cuivre. L'un des appareils sert à la mesure, l'autre, fermé à clef, dans la boîte de fonte qui enveloppe l'ensemble du compteur, ne sert que pour le contrôle et n'est traversé que par une fraction beaucoup plus faible du courant, 1/1 000 ou 1/10 000. La mesure se fait en pesant les lames de cuivre, tous les mois par exemple, l'augmentation de poids de la lame négative étant proportionnelle à la quantité d'électricité qui a traversé le circuit et égale à la perte de poids de la lame positive, En rattachant les lames, il faut avoir soin de renverser leur position pour que la lame qui avait augmenté