FICHE DU LIVRE D'OCCASION
Type de document : Livres Catégorie 29 : RECITS HISTOIRE ET BIOGRAPHIES Langue : FR
Titre du livre : Confessions d'un professionnel de la TORTURE
La guerre d'Algérie...
Auteurs : Jean-Pierre Vittori Editeur : RAMSAY Année : 03/03/1980
ISBN : 2-85956-141-2 Code-barre :
Format du livre : 21,5 x 13,5 cm Poids : Tarif postal :
Prix neuf : 0.00
Description du livre : Sous-officier de carrière durant la guerre d'Algérie.
Cinq ans dans les unités spéciales chargées des "interrogatoires" : les D.O.P.
Participe à plus de 250 "séances"
Vingt ans après, IL RACONTE ...
Sommaire du livre : extrait du livre :
(...)
Je l'écoute exposer le problème effectivement de la plus grande gravité. A la frontière sud existe un centre d'internement regroupant des centaines de détenus sous la responsabilité du colonel commandant le "secteur. Internés après interrogatoire, ces priSonniers ne peuvent plus nuire à condition qu'ils restent neutralisés totalement. Or, ce centre paraît devenir une école de cadres du FLN et, après formation, de nombreux militants s'en échappent un peu trop facilement.
- II faut que les choses rentrent dans l'ordre, c'est de la plus grande importance, insiste le capitaine qui poursuit en parlant plus doucement. Comment expliquer toutes ces évasions sans supposer une complicité de la part de certains responsables ? Cette mission n'est pas facile. Il faudra agir très adroitement et discrètement. Vous avez notre confiance. Votre Conclusion sera la nôtre.
Grosse responsabilité que j'accepte avec une certaine fierté. Moi, un petit sous-officier, je peux briser la carrière d'un colonel, si j'apporte la preuve de son implication dans l'affaire. Je m'envole sans retard, non sans avoir étudié le dossier qui mentionne en effet un nombre impressionnant d'évasions dues à des négligences répétées : sentinelles mal placées ou endormies, tunnels creusés sous les barbelés, disparitions sans explication rationnelle.
Dès mon arrivée, je constate l'absence totale de discipline; les détenus vaquent tranquiHement à leurs occupations mains dans les poches, au milieudes baraques à peine gardées. Je remarque qu'ils se rassemblent ouvertement dans la cour et paraissent tenir de véritables réunions publiques.
Les militaires chargés de la surveillance jouent aux cartes ou aux boules quand ils n'engagent pas de longues discussions avec les prisonniers.
Le colonel, qui me reçoit jovialement, m'invite immédiatement à boire le coup de l'amitié. Souriant, il semble ne pas se douter de la nature de ma mission: on n'envoie pas un
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sous-officier enquêter sur l'attitude d'officiers supérieurs. Il " me croit donc investi d'aucune responsabilité particulière; J'apparais comme un sous-fifre chargé de déceler les brebis galeuses, les meneurs, fatalement introduits dans le camp.
j,Bien entendu, je ne le détrompe pas, au contraire. II m'accorde volontiers toute liberté de mener l'enquête à ma guise.
Vous pouvez rencontrer qui vous voulez. Les prisonniers aussi bien que mes subordonnés.
'j;",lmmédiatement, je pars à la, recherche d'un délateur. Il en .'"te partout, donc ici aussi. Celui-là se présente sponteeé-'nt en apprenant ma présence. II m'avoue que non seulement les détenus bénéficient d'une grande liberté de
manœuvre, mais qu'ils ont constitué une administration parallèle à l'administration française. Ils observent leurs propres règles, obéissent à leurs chefs dans tous les domaines : aussi bien pour la distribution de la nourriture que pour les punitions. Certains responsables donnent des cours de clandestinité, expliquent méthodiquement les raisons de la révolution, initient à la guérilla, etc. Ce que j'apprends me stupéfie. Rien n'échappe au contrôle de l'organisation clandestine, des cuisines à l'économat.
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