LIVRE : les 186 marches
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Fiche du livre les 186 marches :

FICHE DU LIVRE D'OCCASION

Type de document : Livres Catégorie 59 : Guerre 1939-1945 World-War 2 Langue : FR
Titre du livre : les 186 marches
MAUTHAUSEN
Auteurs : Christian Bernadac Editeur : Editions FAMOT Année : 01/01/1985
ISBN : Code-barre :
Format du livre : 19,5 x 12 cm Poids : Tarif postal :
Prix neuf : 0.00
Description du livre : Extrait :


LES 186 MARCHES 120 camp. Le professeur Hrudicka, sPécialiste de la météorologie, ne cherchait pas à cacher ses craintes: «Le froid va persister.» Le 18 février, nous allâmes tra-vailler au «chantieo>, ce chantier dont deviendront victimes la plupart des professeurs des hautes écoles tchèques, et la plupart des représentants de la vie cul-turelle de Brno. Les meilleurs et les plus résistants ne POuvaient tenir que quelques jours. Rosicky, profes-seur de géographie, fut la première victime. Les pro-fesseurs Bayer et Becka le suivirent dans la tombe. Le professeur Vazny, doyen de la faculté de droit, s'effondra sous une charge trop lourde et fut rOué de coups... Il mourut le lendemain. Puis ce fut le tour de Krivy de la faculté des sciences, des "'ousins Sahaneck - le géographe et le mathématicien _, de notre météorOlogue HrUdicka. Quant au célèbre phi-losophe Turdy, élève de Masaryk, il fut jeté dans un bassin d'eau alors qu'il gelait à pierre fendre. Les mots manquent Pour décrire les circonstances effroyables dans lesqUelles moururent à Mauthausen l'intelli-gence tchèque et les simples gars de chez nous. Dans
ces premières semaines, ne survécurent de notre transpOrt qUe les professeurs Busek, POd/aha, Toma-
sek et les docteurs Si/han, Havlik et Habrina. Une partie de notre groupe avait été enfermée au bunker
le jour de notre arrivée. Parmi eux les journalistes Justik et Merka. Ils furent exécutés le 7 mai.
- Je fus affecté au kommando de la carrière.
J'avaisfaitbeaucoup de sport avant mon arrestation. " Il en restait quelques traces. Le plus important était de travailler des yeux et, dans les moments où per-sonne ne vous regardait, de reprendre son souffle. Mais la situati'on m'était défavorable. Je ne Voyais pas bien sans lunettes et les mettre équivalait à se faire tuer. Quand je sentis que l'eau, dans les jambes raidies et lourdes, m'empêchait de COntinuer à monter les 186 marches abruptes de la carrière, je me laissai tomber une pierre SUr la jambe. Grâce à Dieu, j'eus de la chance. Je faillis mOurir d'hémorragie mais tou-tefois je réussis de la Sorte à me faire conduire et OPérer à l'hôpital. Tout d'abord, cela va sans dire, on me menaça de me fusiller et de me fourrer en prison
121 LE MASSACRE DES TCHÈQUES pour sabotage. N'étant pas encore complètement guéri, après une quinzaine de jours, on me mità la porte de l'hôpital. De retour au travail, j'eus peine à recon-naître mon b/ock à tel point le monde avait changé durant ma COurte absence. Beaucoup de camarades étaient morts, d'autres avaient tellement maigri qu'on ne POuvait plus les reconnaître. Notre block était le pire du camp. C'était vraiment Un block maudit. Le scélérat «vert» Acknel rouait ses victimes de coups de Poing, de coups de pied et les foulait aux pieds. Quand il Ouvrait la Porte du dortoir tout le monde tremblait. A peine nous étions-nous assoupis qu'il commençait
à siffler pour le «Zahlappell» et rouait de coups sans aucune distinction tous ceux qui n'avaient pas sauté assez vite à bas de leur lit. Au beau milieu de la nuit, parfois vers le matin, nous étions réveillés par les B/ockführer ivres, revenant d'orgies à Linz; une fois même, Bachmayer entra en personne. Ils lachaient leurs chiens Contre nous et sautaient comme des insensés, chaussés de lourdes bottes ferrées, sur nos corps qui gisaient à terre tout en accompagnant ce trépignement d'injures comme «tschechische Oreck-sacke, Sautschechen », etc. Avec le personnel du block, ils nous frappaient à tour de bras avec leurs matraques de caoutchouc, leurs crosses et leurs fouets. Les suites étaient terribles et il y avait à nou-veau du sang partout. Ayant au cou une furonculose que j'avais attrapée entre-temps, je descendis à nou-veau dans la carrière infernale. Il est presque impossi-
ble de décrire fidèlement une journée dans la carrière.
le «treize» d'ordinaire fermait le convoi. Sur les mar-ches, les B/ockführer commençaient à frapper avec violence les dernières rangées. Ces rangées, cher-chant à éviter les coups, bousculaient les rangées précédentes et toute la centaine glissait dans la car-
rière sur un monceau de corps. les Kapos faisaient pleuvoir une grêle de coups de bâton sur le tas. On travaillait dans la carrière en sabots, nous les perdions d'ordinaire au COurs du travail et étions forcés de tra-vaillér toute la journée nu-pieds. Nous les Tchèques
et puis les Juifs devions faire les travaux les plus durs
dans le Sonderkommando près du moulin où l'on

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les 186 marches

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