FICHE DU LIVRE D'OCCASION
Type de document : Livres Catégorie 54 : Savoie Langue : FR
Titre du livre : HAUTECOMBE
Edition illustrée de 40 photographies (noir et couleurs) de l'Abbé BOUT
Auteurs : Dom Romain CLAIR Editeur : ABBAYE D'HAUTECOMBE Année : 01/01/1965
ISBN : Code-barre :
Format du livre : H x L (en cm) Poids : Tarif postal :
Prix neuf : 0.00
Description du livre : Livre composé de 40 pages de textes puis de 40 pages de photographies
extrait du texte :
du même coup cette coutume étrange qui faisait confier la direction d'un n101\;lst(Te à qui n'avait ni l'habit, ni l'esprit monastiques.
LE SAINT- DENIS DE LA SAVOIE
Ce titre qu'on décerna volontiers à l'abbaye au XVIIIe siècle, quand le duc de Savoie devint roi de Sardaigne, Hautecombe le doit au comte Humbert III le bienheureux, mort en II 89, qui se fit ensevelir dans le cloître de l'abbaye, contre l'église. Humbert III fut le premier de sa lignée à choisir sa sépulture au monastère. Amédée III, son père, avait participé, avec les Clermont, à l'établissement des cisterciens au bord du lac par une donation qui, si elle est authentique, peut dater de 1140 ou 1144; et c'est à son cousin l'abbé Amédée, devenu évêque de Lausanne, qu'il avait confié, avant de partir pour la croisade, l'éducation de son fils Humbert. Ayant acquis de la sorte un attrait pour la vie monastique, ce dernier désira tout naturellement reposer dans l'abbaye, qui lui avait procuré soutien et réconfort aux heures sombres de sa vie - et elles ne lui avaient pas manqué! Déjà, en 1162., il y avait fait ensevelir sa seconde femme, Anne-Clémence de Zaeringen. Après lui, six de ses petits-enfants - on lui en a compté douze - suivront son exemple, ayant appris de leur grand-mère, Béatrix, quatrième femme d'Humbert, à aimer l'abbaye. Ainsi naquit une tradition presque constante au XIIIe siècle, moins régulière dans la suite et rompue à partir du XVIe siècle. Au total, et malgré les erreurs pouvant provenir de l'absence de documents bien précis, on estime qu'Hautecombe a reçu les corps de quarante-trois membres de la maison de Savoie: neuf comtes de Savoie, huit autres princes, dix-huit princesses, deux ducs, un abbé d'Hautecombe, une abbesse bénédictine, un évêque, un archevêque, enfin un roi et une reine, ceux qui entreprirent la restauration de l'abbaye au X1Xe siècle.
Ensevelis d'abord dans le cloitre et dans le cimetière de l'abbaye, les princes de Savoie furent déposés au XIVe siècle dans un caveau familial créé par le comte Aymon le Pacifique, sous une chapelle qu'il fit construire à cet effet, et qu'il dédia à Notre-Dame. Au lieu de deux petites chapelles ouvertes sur le transept, comme on les
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Sommaire du livre : voit encore aujourd'hui du côté sud de l'église, Aymon fit élever une construction belle et bien française, du plus pur style gothique, inspirée de la chapelle de Navarre récemment achevée à Mantes, dans les environs de Paris où le comte de Savoie possédait deux châteaux. Un Picard, Jean de Brexent, ancien imagier de Mahaut d'Artois, femme du comte Othon de Bourgogne, en fut à la fois l'architecte et le sculpteur. Ses deux larges verrières aux meneaux élancés furent remarquées : on n'avait jamais rien vu de tel en Savoie. Il avait orné l'autel d'un retable où figuraient des scènes de la vie du Christ sculptées avec grâce dans l'albâtre de Maurienne, et dont seuls quelques fragments ont survécu au vandalisme de l'époque révolutionnaire. L'inauguration de la chapelle et la translation des corps, qui eut lieu le 2.4 décembre 1342., fut précédée par un douloureux événement: Yolande de Montferrat, l'épouse du comte, mourut
mettant au monde une fille, Catherine, qui ne survécut pas. les déposa dans un magnifique tombeau de marbre et de où il les rejoignit un an après, n'ayant pu supporter une épreuve.
Les funérailles des comtes de Savoie donnaient lieu à de pom-cérémonies, très caractéristiques du goût médiéval, et qui à Hautecombe une foule considérable. Appelés par leurs onctions, invités aux obsèques ou s'y rendant d'eux-mêmes, maints moines, chevaliers, écuyers, pages, bourgeois et gens du se dirigeaient vers l'abbaye par le lac que sillonnaient nombreuses barques, réquisitionnées dans tous les environs
Seyssel. Ce n'était pas une petite affaire que de nourrir sur tout ce monde: le jour de la sépulture du comte Aymon, 2.6 juin 1343, on mangea 1600 gros pains, 39 vaches et plus 500 moutons.
Quand Amédée '1/1, le Comte Vert, mourut au nord de Naples, mars 1383, on rapporta dans un cercueil de cyprès son corps Savoie: il ne parvint à Aix que le 7 mai. Le lendemain, le cercueil d'un drap d'or traversa le lac sur des nefs tendues de noir, fur enseveli le 9 à Hautecombe, au milieu de 240 torches. Après ( sépulture » eut lieu, le 15 juin suivant, le service solennel des funérailles », qui réunit grand nombre d'ecclésiastiques et de en l'abbatiale entièrement tendue de noir, toute parsemée aux armes de Savoie. L'archevêque de Tarentaise
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