| 1 |
Pseudo : livreokase
|
Livre abimé |
Prix : 7.00 (€) |
Port facturé en plus |
Port=3.50 € |
|
Infos complémentaires :
Le livre en lui meme est en très bon état (pages très jaunies quand même) mais la reliure cartonnée d'éditeur est abimée : le dos de la tranche se détache, à recoller...
Le dos de la tranche est maintenant parti... (manque)
L'image scannée ets celle de la première page, car ce livre a une reliure cartonnée sans image...)
extrait du livre :
LE MYSTERE DE LA RUE. 56 - 57
Le cuisinier s’endort, le soufflet à la main, devant son fourneau d’argile où s’éteint le charbon de bois. Le marchand accroupi au milieu de sa pacotille, semblable lui-même a un bibelot plus encombrant que les autres, n'a plus de force pour changer de position en s'accrochant a la corde noueuse suspendue au plafond, ni même pour chasser les mouches avec son balai de palmier. Dans leurs minuscules échoppes les artisans et leur monde gracieux d'apprentis travaillent sans ardeur a leurs menus métiers très anciens. Seuls les mendiants, accroupis sur le trottoir et habitués par profession a un jeune éternel, semblent ne point souffrir de la soif et de la faim, et sur un rythme lugubre demandent sans relâche a la foule
qui passe la charité d'une bougie, d'un morceau de pain, d'une aumône, au nom de Sidi Ibrahim ou de Sidi Bel Abbes.
Balek! me crie le chamelier qui pousse devant lui le troupeau de ses bêtes a la fois dociles et révoltées. Balek ! crie l’ânier quand déjà son bourricot chargé de deux couffins énormes m'a jeté contre le mur. Balek ! crie le nègre qui arrose la poussière avec son
outre en peau de chevre sur laquelle le poil est collé. Balek ! crie du haut de sa mule le notable qui, après la sieste, se rend a son jardin d'orangers, confortablement installé sur sa haute selle de drap rouge. Et tout au fond de moi, le peuple turbulent des questions sans réponse m'envoie, comme un écho, le cri de la rue marocaine : Balek ! « Rends ton âme attentive!»
Je vois l'échoppe et la boutique, la babouche et l'ouvrier, la pacotille et le marchand. Mais a quoi pense le marchand avec son oeil endormi? A quoi pense l'artisan, qui du matin au soir fait son même geste rapide ?
A peu de choses probablement, car c'est le lot de la plupart des hommes de ne penser à rien. Ceux qui croient les connaître prétendent qu'ils poursuivent, au fond de leurs placards, une vague rêverie sensuelle indéfiniment ressassée, (...)
|