FICHE DU LIVRE D'OCCASION
Type de document : Livres Catégorie 59 : Guerre 1939-1945 World-War 2 Langue : FR
Titre du livre : Panzer sur l'Europe
Auteurs : Général Von Senger Und Etterlin Editeur : Editions du Rocher Année : 01/01/1965
ISBN : Code-barre :
Format du livre : 22 x 18,5 cm Poids : Tarif postal :
Prix neuf : 0.00
Description du livre : Voici un livre qui trouvera tout naturellement sa place parmi les ouvrages importants inspirés par la Seconde Guerre mondiale et dont le nombre s’accroît sans cesse. C'est que nous sommes arrivés au moment ou l'historien a pu prendre suffisamment de recul pour écrire en toute impartialité. Mais l’ouvrage du général von Senger est mains un travail de chartiste qu'un témoignage : le témoignage
d'un chef militaire allemand qui a joué un role important dans le drame de 1939-1945, sans toutefois arriver a se hisser au rang des grandes vedettes
du IIIe Reich.
C'est que Frido von Senger und Etterlin n'était pas nazi. II éprouvait
pour le dictateur le plus profond mépris. Issu d'une vieille famille badoise,
il s'était adonné a des études désintéressées de langues et d'art, et revenait d'un séjour de deux ans a Oxford quand éclata la guerre de 1914. Mobilisé comme officier de réserve, il se fait titulariser dans l'armée active au cours de la guerre et demeure dans la Reichswehr apres la défaite de 1918.
En 1939, il est colonel, commandant un régiment de cavalerie, avec lequel
il part en campagne. Peu apres, on lui confie une brigade dans la dernière
division de cavalerie existant encore dans la nouvelle Wehrmacht. Apres l'armistice franco-allemand de 1940, il est, pour un temps, commandant militaire du département d'Ille-et-Vilaine. Mais le Haut Commandement se rappelle ses compétences linguistiques - il parle et écrit couramment (...)
Sommaire du livre : EXTRAIT :
tant me paraissait libératoire, c'était de ne plus etre asservi au régime nazi; mais mes interlocuteurs ne savaient pas encore se servir de cette liberté.
Au bout de quelques semaines, je rus « discrédité ». Klaus Mann écrivit dans le Stafs and Striþes -le journal militaire du front américain -que le camp de Ghedi était commandé par le général allemand et non par le commandant de la brigade de D.C.A. américain. Le chef d'état-major de ce général, toujours tres affable, me convoqua et me fit com-prendre qu'étant devenu « superflu »
dans ce camp, j'allais etre transféré ailleurs. Apres un assez long voyage en voiture, on me débarqua en rase campagne. Je devais etre placé dans un camp d'officiers a Modene; mais quand j'y arrivai, le camp n'existait pas encore. C'est ainsi que je rus rattaché a une compagnie allemande dont le bivouac du temps de paix avait été transformé en camp de prisonniers par une clôture de fil de fer barbelé. On m'y affecta une tente beaucoup trop grande, dans laquelle j'ai passé bien des journées de solitude totale. La distance qui les sé-parait du général de corps d'armée était trop enracinée dans les habitudes de la plupart des officiers, et je ne voulais pas non plus les scandaliser en leur fournissant de nouveaux éclaircissements.
Finalement, on me transféra tout de meme dans un camp d’officiers a Modene. J'y retrouvai des gens qui partageaient mes opinions, en particulier un
officier d'état-major de l' Abwehr, ancien collaborateur de Canaris, avec qui je pouvais m'entretenir. C'est la que furent créés les premiers groupes de discussion qui prirent une grande extension, par la suite, en captivité.
331
~
Bientót je rus emmené en camion, avec un groupe d'autres généraux, dans un camp pres d' Aversa, au nord de Naples. En cours de route, un général italien fit remarquer, a un certain endroit : «Voila qu'on passe la frontière. » Je lui demandai de quelle frontière il voulait parler, et il me répondit qu'il s'agissait de la frontiere entre le royaume des Deux-Siciles et le restant de l'Italie. Get Italien du sud attribuait la cause de tous les malheurs au départ des Bourbons, chassés avec le consentement de la Mai-son de Savoie, qui ne pouvait atteindre a la domination sur l'Italie entiere que par la chute des Bourbons Cela me fit penser a l'expulsion des Guelfes et du Landgrave de Hesse-Cassel, chassés de leurs trónes par Bismarck, et a l'adage des desseins insondables de la Providence.
Le champ de bataille de Cassino s'étendait la, encore couvert de plaies béantes, mais a nouveau paisible.
Le nouveau camp confirma mes crain-teg de tomber de Charybde en Scylla. Le quartier des généraux n'était qu'une baraque parmi les autres. A deux metres
a peine se dressait le fll de fer barbelé, 011 pour des mois aucune porte ne s'ou-vrirait vers l'extérieur. C'est la que nous vécumes, essayant d'occuper nosjournées de maniere profitable, a des leçons de langues, des lectures et des conversa-
tions en groupes. Dans l'intéret de la
paix, nous évitions toute discussion politique. Jamais nous n'aper~umes un officier américain a qui nous eussions pu soumettre nos doléances. On avait diffusé un ordre enjoignant a tout oflicier allemand de saluer le premier chaque oflicier allié et interdisant aux ofliciers alliés de rendre le salut « afln de marquer de
|
|
|